Il y a peu d’entrepreneurs québécois dont la trajectoire ressemble à celle de Dax Dasilva. Fondateur de Lightspeed Commerce en 2005, propulsé dans la cour des grandes capitalisations technologiques avec l’introduction en bourse de l’entreprise en 2019, philanthrope, écrivain, militant culturel — le Montréalais de 50 ans cumule les casquettes avec une cohérence rare. En 2026, il dirige à nouveau Lightspeed, lance des initiatives environnementales et culturelles d’envergure, et reste l’une des voix les plus écoutées de l’écosystème tech canadien.
Lightspeed Commerce : de l’idée à l’IPO

Dax Dasilva fonde Lightspeed à Montréal en 2005. L’entreprise développe d’abord une solution de point de vente pour les commerces de détail, puis élargit son offre vers l’e-commerce, la restauration et les paiements. Pendant plus de quinze ans, Dasilva dirige l’entreprise dans une croissance soutenue.
En mars 2019, Lightspeed entre à la Bourse de Toronto (symbole LSPD) avec une valorisation autour de 1,7 milliard de dollars — l’une des plus grosses introductions en bourse technologiques canadiennes de la décennie. En septembre 2020, l’entreprise s’inscrit aussi à la Bourse de New York. Lightspeed devient l’un des fers de lance de l’écosystème tech montréalais.
Le retrait, le retour
En février 2022, Dax Dasilva quitte la direction générale de Lightspeed pour se concentrer sur ses initiatives culturelles et philanthropiques. Le marché tech traverse alors une période difficile : Lightspeed, comme beaucoup d’autres entreprises de croissance, voit sa capitalisation boursière chuter.
En 2024, Dasilva est rappelé à la direction de l’entreprise. Ce retour aux commandes — peu courant à ce niveau — illustre la confiance que la gouvernance et les actionnaires lui accordent. Sa mission : ramener Lightspeed à une trajectoire de croissance soutenable et restaurer la confiance du marché.
Never Apart et la dimension culturelle
Au-delà de l’entreprise, Dax Dasilva a tracé un autre sillon. En 2015, après le déménagement du siège de Lightspeed, il transforme l’ancien entrepôt du Mile-Ex en Never Apart, un espace culturel à but non lucratif consacré aux arts visuels, à la musique, aux communautés LGBTQ+ et à la pensée environnementale. Pendant des années, Never Apart est un lieu central de la vie culturelle alternative montréalaise.
Cette démarche illustre la philosophie de Dasilva : la création d’entreprise et la création culturelle ne sont pas deux mondes parallèles, mais des expressions d’une même volonté de bâtir.
Age of Union Alliance : la conservation à grande échelle
Il fonde également Age of Union Alliance, organisation philanthropique qui finance des projets de conservation de la nature à travers le monde. Cette initiative — peu commune pour un dirigeant de société tech cotée — l’amène à collaborer avec des organisations environnementales internationales et à plaider pour une approche plus structurée de la protection des écosystèmes.
En 2025, il reçoit la médaille du couronnement du roi Charles III, sur nomination de la Nature Conservancy of Canada. La distinction salue cette dimension environnementale de son travail.
Écrivain et conférencier
Dax Dasilva est aussi l’auteur du livre Age of Union, dans lequel il développe sa vision d’un capitalisme conscient, intégrant les enjeux climatiques et les responsabilités sociales. Il intervient régulièrement comme conférencier — notamment au NRF 2026 (Retail’s Big Show) à New York, à MUTEK Forum à Montréal, et dans plusieurs sommets technologiques internationaux.
2026 : Lightspeed, Age of Union, et la voix entrepreneuriale
En 2026, Dax Dasilva continue de diriger Lightspeed Commerce dans une phase de consolidation. L’entreprise multiplie les acquisitions ciblées et resserre ses opérations pour retrouver une trajectoire de croissance rentable. Parallèlement, Age of Union Alliance poursuit ses projets de conservation et Never Apart, sous des formes adaptées, continue son travail culturel.
Pourquoi il compte dans le paysage québécois
Dax Dasilva représente une rareté dans l’entrepreneuriat tech canadien : la figure d’un fondateur qui n’a jamais quitté Montréal, qui a fait son entreprise à partir de sa ville, et qui a refusé l’expatriation vers la Silicon Valley ou vers New York. Il a démontré qu’on pouvait bâtir une entreprise tech cotée à plusieurs milliards depuis Montréal — démonstration importante pour toute la génération suivante d’entrepreneurs québécois.
Aux côtés d’autres figures incontournables de l’écosystème entrepreneurial montréalais — comme Alexandre Taillefer — Dasilva trace un modèle particulier : entrepreneur, philanthrope, militant culturel, conférencier international. La preuve qu’il est possible d’occuper plusieurs scènes sans en sacrifier aucune.
