Il y a peu d’artistes québécois dont la pratique mêle aussi profondément l’art, la nourriture, le geste collectif et le rituel que celle de Massimo Guerrera. Artiste montréalais d’origine italienne, né en 1967, Guerrera développe depuis trois décennies une œuvre relationnelle qui interroge la fabrication du commun. À 59 ans en 2026, il reste l’une des voix les plus singulières et les plus respectées de l’art contemporain montréalais.
De Rome à Montréal
Massimo Guerrera naît à Rome en 1967. Il arrive à Montréal enfant, avec sa famille. Il étudie à l’UQAM en arts visuels et y développe très tôt une démarche singulière, mêlant sculpture, performance, gravure et — surtout — une exploration relationnelle qui deviendra sa signature.
Porus : l’œuvre-monde
L’œuvre la plus emblématique de Massimo Guerrera est sans doute le projet Porus, qu’il développe depuis les années 1990 et qui continue encore aujourd’hui. Porus est moins une œuvre qu’une pratique collective — une matrice où l’artiste accueille des participants, les invite à transformer, partager, manipuler, ingérer des objets et des matières dans un protocole quasi rituel.
Ce projet — à mi-chemin entre la sculpture, la performance et l’œuvre relationnelle — a été présenté dans plusieurs grandes institutions canadiennes et internationales, dont la Power Plant à Toronto, le MAC de Montréal, et plusieurs musées européens.
L’art comme partage
Ce qui distingue Massimo Guerrera, c’est cette idée que l’art n’est pas un objet à contempler mais un événement à vivre collectivement. Ses œuvres impliquent toujours une part de participation. Le spectateur devient acteur. La nourriture, dans plusieurs projets, est un médium central — non pas comme symbole, mais comme expérience partagée concrète.
Cette approche est rare au Québec. Elle place Guerrera dans la lignée des artistes de l’esthétique relationnelle théorisée par Nicolas Bourriaud, tout en restant profondément ancrée dans la matière.
L’enseignement et la transmission
Massimo Guerrera enseigne depuis plusieurs années à l’UQAM. Sa contribution pédagogique a profondément marqué une nouvelle génération d’artistes québécois, particulièrement ceux qui s’intéressent aux pratiques sociales et participatives.
Une œuvre reconnue par les institutions
Ses œuvres ont été présentées dans plusieurs grands musées canadiens et internationaux. Il a reçu plusieurs prix et bourses importants, dont des bourses du Conseil des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Sa pratique a fait l’objet de plusieurs publications critiques.
2026 : nouveaux projets relationnels
En 2026, Massimo Guerrera poursuit plusieurs projets d’œuvres relationnelles à Montréal et en tournée. Porus continue d’évoluer dans de nouvelles configurations. Plusieurs publications et participations à des résidences internationales sont prévues.
Pourquoi il compte dans la scène artistique montréalaise
Massimo Guerrera représente, dans l’art contemporain québécois, une rareté précieuse : celle d’un artiste qui a fait de la pratique relationnelle, du partage et du rituel des matières premières de son œuvre. Sa contribution à la scène artistique montréalaise — à la fois comme créateur et comme enseignant — en fait l’une des figures les plus importantes de l’art contemporain au Québec.
