Neuf jours durant, entre le 19 et le 27 septembre, l’avenue du Parc et une partie du mont Royal ont vécu au rythme des Championnats du monde de cyclisme sur route UCI 2026 — le plus grand événement sportif tenu à Montréal depuis les Jeux olympiques de 1976, selon les organisateurs. Fermetures de rues, village des fans, admission gratuite à toutes les épreuves : sur papier, l’équation était pensée pour maximiser les retombées locales. Une semaine après la fin de la compétition, le bilan pour les commerçants du secteur est nettement plus contrasté que ne le laissait présager le décompte des médailles.
Les gagnants : quand l’événement devient le produit
Pour certains commerces, les Mondiaux ont été une aubaine directe. Cycles Gervais Rioux, boutique de vélo du secteur, a écoulé la totalité de sa marchandise officielle liée à l’événement — un cas d’école où le commerce vend littéralement l’événement qui se déroule devant sa porte. Ce type de retombée, ciblée et éphémère, profite aux entreprises dont l’offre est directement alignée avec la thématique du moment : équipement cycliste, produits dérivés, restauration rapide en bordure de circuit.

Les perdants : quand la fermeture de rue coûte plus qu’elle ne rapporte
À l’inverse, Monas & Co, un détaillant d’équipement de cuisine situé avenue du Parc, rapporte une baisse de ses ventes pendant les huit jours de compétition. La copropriétaire Marika Moshonas explique le phénomène simplement : une partie de sa clientèle habituelle, des restaurateurs de la Rive-Sud et de Laval qui viennent s’approvisionner en équipement, n’a tout simplement pas pu accéder au secteur en raison des restrictions de circulation. Un commerce de destination, qui dépend d’une clientèle motorisée venue de l’extérieur, absorbe la fermeture de rue comme un coût pur — sans le bénéfice de la foule de passage dont profitent les commerces de flânerie.
C’est la même mécanique qui explique pourquoi un événement peut être un succès de fréquentation (environ 15 000 spectateurs au seul départ de la course élite masculine à Brossard) tout en laissant certains commerçants du parcours plus pauvres qu’avant.
Ce que ça dit du modèle économique d’un grand événement sportif
Le gouvernement fédéral a investi 13 millions de dollars canadiens dans l’organisation, et les analyses économiques évoquaient des retombées potentielles de l’ordre de la centaine de millions de dollars à l’échelle de l’événement. Ces chiffres agrégés, utiles pour justifier l’investissement public, ne racontent cependant pas l’histoire à l’échelle d’un commerce en particulier situé sur le tracé — c’est précisément l’écart entre le bilan macro-économique et le vécu micro-économique que la couverture post-événement commence à documenter.
Pour un entrepreneur montréalais, la leçon est transférable au-delà du cyclisme : un grand événement qui ferme une rue ne redistribue pas ses retombées uniformément. Les commerces dont le produit se marie à la thématique de l’événement, ou qui vivent de la clientèle de passage à pied, en profitent. Ceux qui dépendent d’une clientèle motorisée régionale doivent composer avec une fenêtre de fermeture qui peut durer, sur l’artère principale, du 4 septembre au 4 octobre — soit un mois complet pour l’avenue du Parc entre installation, événement et démontage.
Et maintenant ?
Les données officielles de fréquentation et de retombées économiques de Tourisme Montréal et de Tourisme Montérégie n’étaient pas encore publiées au moment d’écrire ces lignes. Elles permettront, dans les prochaines semaines, de vérifier si le bilan agrégé confirme les projections initiales — et si la ville tire des leçons sur l’accompagnement des commerces touchés par les fermetures pour une prochaine édition.
| Commerce | Secteur | Effet des Mondiaux | Raison |
|---|---|---|---|
| Cycles Gervais Rioux | Équipement cycliste | Positif — rupture de stock | Produit aligné sur l’événement, clientèle de passage |
| Monas & Co | Équipement de cuisine | Négatif — ventes en baisse | Clientèle régionale motorisée, accès bloqué |
Foire aux questions
Les Mondiaux de cyclisme 2026 ont-ils été rentables pour Montréal ?
Le bilan agrégé (retombées touristiques, visibilité internationale) était présenté comme positif par les organisateurs, mais les effets se sont révélés inégaux d’un commerce à l’autre le long du parcours.
Pourquoi certains commerces de l’avenue du Parc ont-ils perdu des ventes ?
Les fermetures de rues ont bloqué l’accès à une partie de leur clientèle habituelle, notamment les acheteurs venus de la Rive-Sud et de Laval en voiture.
Quand l’avenue du Parc a-t-elle rouvert complètement ?
Le site principal (avenue du Parc entre les avenues des Pins et du Mont-Royal) est resté fermé du 4 septembre au 4 octobre 2026, le temps de l’installation, de l’événement et du démontage.
Combien de spectateurs ont assisté à l’événement ?
Environ 15 000 personnes ont assisté au seul départ de la course élite masculine à Brossard ; les chiffres globaux de fréquentation n’étaient pas encore publiés.
Quel a été l’investissement public dans l’événement ?
Le gouvernement fédéral a annoncé un appui de 13 millions de dollars canadiens.
Ces retombées inégales se sont déroulées en toile de fond d’un tout autre récit sportif : celui de Magdeleine Vallières-Mill, championne du monde sherbrookoise qui courait à domicile.
