Il y a, dans la voix de Nissa Seych, quelque chose qui vient de plus loin que Montréal. Une chaleur, un balancement, une ligne mélodique qui ne ressemble à aucune autre dans le paysage afropop montréalais. À 25 ans, l’auteure-compositrice née aux Seychelles et installée depuis l’enfance à Montréal est devenue l’une des artistes émergentes les plus suivies de la scène afro-québécoise. Et 2026 pourrait bien être l’année où elle bascule de l’autre côté.
Des Seychelles au Plateau, l’enfance d’une polyglotte musicale
Nissa Seych naît dans l’archipel des Seychelles, ce confetti de l’océan Indien où le créole, l’anglais et le français cohabitent depuis l’enfance. Elle arrive à Montréal jeune. La ville, elle, devient une caisse de résonance pour ce que l’île lui a déjà transmis : un goût de la lenteur, une oreille pour les rythmes traversés, et cette particularité rare de chanter aussi naturellement en anglais qu’en créole seychellois.
Ses premiers morceaux mélangeaient déjà soul, R&B et afrobeats avec une fluidité déconcertante. Pas de calcul marketing, pas de positionnement forcé — juste une artiste qui assume une géographie intérieure complexe.
Le déclic Kaytranada
Le tournant survient quand Nissa Seych collabore avec Kaytranada sur Dreams Brother. Le producteur montréalais — figure mondiale du beat — donne au morceau une signature électronique qui propulse Nissa hors du circuit local. Les playlists Heatseekers s’en emparent. Le clip circule. Une partie du milieu se met à parler d’elle au-delà du Mile End.
Ce n’est pas anodin. Kaytranada ne collabore pas par hasard. Quand il pose un beat sur une voix, c’est qu’il y voit quelque chose qui pourrait durer.
Pollen Records et la nouvelle économie de la musique québécoise
Nissa Seych évolue chez Pollen Records, label indépendant montréalais spécialisé dans la musique urbaine, soutenu notamment par des fonds publics fédéraux destinés à propulser la musique canadienne sur la scène internationale. Le label travaille aussi avec Odreii, Ann@lise et Anthony Kavanagh.
Fever : le morceau qui a fait basculer le public
Fever est devenu la carte de visite de l’artiste. Plus de 70 000 vues sur YouTube, des écoutes massives sur Spotify, et surtout un clip qui assume un esthétisme tropicalisé sans concession touristique.
Une scène afro-montréalaise qui n’attend plus rien
Nissa Seych appartient à une génération d’artistes afro-québécois qui n’ont plus à se justifier. Plus besoin de demander à appartenir à la « musique québécoise » — ils sont la musique québécoise, point.
2026, l’année du basculement?
Sur ses réseaux, on lit « Nü Music Soon ». C’est la formule qu’elle utilise pour annoncer le nouveau matériel — sobre, sans surenchère, à l’image du personnage. La scène urbaine montréalaise observe Nissa Seych avec attention.
Pour rester sur la pulsation de la scène musicale émergente, lisez aussi notre portrait de Charlotte Cardin et nos autres portraits d’Incontournables montréalais.
