Il y a peu de signatures aussi reconnaissables, dans le journalisme québécois contemporain, que celle de Patrick Lagacé. À 53 ans, le chroniqueur de La Presse, animateur radio, écrivain et figure médiatique incontournable, est devenu — qu’on l’aime ou qu’on l’évite — l’une des voix qui structurent la conversation publique au Québec. En 2026, il poursuit son travail avec la même intensité qu’au premier jour : courte phrase, regard direct, refus du consensus mou.
De Joliette au Journal de Montréal, l’entrée dans le métier
Patrick Lagacé naît en 1972 à Joliette. Il commence sa carrière journalistique au début des années 1990, après des études en histoire et en journalisme. Il fait ses armes dans la presse écrite régionale avant d’intégrer le Journal de Montréal, où il devient chroniqueur populaire.
Son style se distingue rapidement : phrases courtes, anglicismes assumés, sens du portrait, sens du coup de gueule. Il devient, sans l’avoir cherché, une référence en chronique d’opinion, à mi-chemin entre billet d’humeur et reportage de terrain.
Le passage à La Presse et la consécration
En 2007, Patrick Lagacé quitte le Journal de Montréal pour rejoindre La Presse. Le changement de maison est aussi un changement de positionnement : sa chronique gagne en ampleur, en profondeur, et en lectorat. Il publie aussi des reportages plus longs, des enquêtes, des portraits.
L’épisode marquant de sa carrière reste l’affaire d’espionnage révélée en 2016, où le Service de police de la Ville de Montréal avait obtenu des mandats pour surveiller ses communications. L’affaire avait provoqué un séisme dans le milieu médiatique québécois et déclenché une commission d’enquête sur la protection des sources journalistiques. Lagacé en était sorti renforcé dans son rôle de voix critique.
La radio, la télévision, les livres
Parallèlement à sa chronique quotidienne, Patrick Lagacé multiplie les présences à la radio (notamment au 98,5 FM avec son émission Puisqu’il faut se lever), à la télévision, et dans l’édition. Il a publié plusieurs livres — essais, recueils de chroniques, reportages au long cours.
Son émission radio matinale est devenue, en quelques années, l’un des rendez-vous les plus écoutés du marché francophone montréalais. La formule tient sur trois éléments simples : sujet de société, invité solide, ton direct.
Une signature qui divise
Patrick Lagacé n’est pas une figure consensuelle. Ses prises de position — sur la laïcité, l’immigration, la culture, la politique municipale — lui valent autant de fidèles que d’adversaires déclarés. C’est précisément cette polarité qui fait son influence : il occupe une place dans la conversation publique parce qu’il refuse les positions de confort.
Sur les réseaux sociaux, son compte X (anciennement Twitter) reste l’un des plus suivis du milieu médiatique québécois.
2026 : un travail soutenu, des conférences, et la radio toujours
En 2026, Patrick Lagacé continue d’animer son émission radio matinale, de publier sa chronique quotidienne à La Presse et de participer à plusieurs émissions de télévision. Il intervient aussi dans des conférences, formations en communication, événements littéraires.
Pourquoi il reste incontournable
Dans une époque où le journalisme d’opinion est souvent confondu avec l’opinion tout court, Patrick Lagacé maintient une position singulière : il argumente, il enquête, il assume ses biais sans les cacher. Sa génération de chroniqueurs québécois — celle qui a fait basculer la presse écrite vers le numérique — lui doit beaucoup.
Dans une ville en constante effervescence culturelle — entre la scène musicale incarnée par Charlotte Cardin ou Hubert Lenoir, et le sport médiatisé par Patrice Bernier — Patrick Lagacé représente cette autre dimension de Montréal : celle d’une ville qui aime se raconter, se critiquer, se réécrire en continu.
