Il y a Xavier Dolan avant 20 ans — celui qui a fait J’ai tué ma mère dans la chambre de son adolescence et l’a présenté à Cannes — et il y a Xavier Dolan après. Le premier a stupéfié la critique mondiale. Le second a continué, avec un mélange de génie et de panache, à imposer un cinéma reconnaissable entre tous. En 2026, à 37 ans, le cinéaste montréalais reste l’une des signatures les plus discutées et les plus respectées du cinéma francophone contemporain.
D’enfant acteur à cinéaste à 19 ans

Xavier Dolan-Tadros naît à Montréal en 1989. Fils du comédien Manuel Tadros, il commence sa carrière à l’écran très jeune, comme acteur dans des publicités, des téléséries et des doublages. Il prête sa voix française à plusieurs personnages célèbres, dont Stan Marsh dans South Park.
Mais l’enfant acteur écrit en parallèle. À 16 ans, il termine le scénario de J’ai tué ma mère, autobiographique, librement inspiré de sa propre relation avec sa mère. Il le réalise à 19 ans avec un budget modeste. Le film est sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes 2009 et remporte trois prix. Un cinéaste vient de naître.
Une décennie d’œuvres marquantes
Les films s’enchaînent à une cadence impressionnante. Les Amours imaginaires (2010), Laurence Anyways (2012), Tom à la ferme (2013), Mommy (2014). Avec Mommy, Dolan reçoit le Prix du Jury à Cannes — partagé avec Jean-Luc Godard, légende vivante. Le film, sur la relation d’une mère seule et de son fils colérique, marque profondément le cinéma québécois et international.
Suivent Juste la fin du monde (2016, Grand Prix Cannes), The Death and Life of John F. Donovan (2018) et Matthias et Maxime (2019).
La pause et le retour
Après Matthias et Maxime, Dolan annonce une pause prolongée de la réalisation cinématographique. Il évoque la fatigue, les attentes, le poids des critiques, et le besoin de retrouver autre chose. Il continue cependant à travailler : acteur, réalisateur de séries (notamment The Night Logan Woke Up, 2022, série québécoise très remarquée), publicitaire, créateur d’images.
Cette pause n’en est jamais vraiment une. Dolan reste actif, mais à un rythme différent.
Le rapport au Québec et à Montréal
Xavier Dolan est l’un des rares cinéastes québécois contemporains à avoir percé le marché international francophone et anglophone sans abandonner sa ville. Ses films sont tournés à Montréal. Ses équipes sont québécoises. Ses acteurs — Anne Dorval, Suzanne Clément, Antoine Olivier Pilon, Gabriel D’Almeida Freitas — appartiennent à une troupe quasi récurrente.
Le cinéma de Dolan a contribué à renouveler l’image internationale de la culture québécoise. Ses films ont défendu, sans le clamer, une certaine idée de la modernité montréalaise — esthétique, queer, lyrique, dramatique, parfois exubérante.
2026 : un nouveau projet annoncé
L’année 2026 marque le retour confirmé de Xavier Dolan à la réalisation cinématographique. Plusieurs projets sont en développement, dont un nouveau long-métrage qui devrait être tourné en partie au Québec. Les détails restent encore confidentiels, mais la simple annonce d’un nouveau Dolan suffit à mobiliser l’attention de la presse cinéma internationale.
Pourquoi il compte autant aujourd’hui
Xavier Dolan a fait quelque chose de rare pour un cinéaste québécois : il s’est imposé jeune, il a fait des erreurs jeune, il a évolué jeune, et il revient désormais en artiste mûri. Dans la culture montréalaise contemporaine — où d’autres figures émergent comme Charlotte Cardin dans la musique ou Hubert Lenoir dans la chanson — Dolan reste celui qui a probablement le plus contribué à projeter une certaine vision montréalaise sur les écrans du monde.
