
Quand Lou-Adriane Cassidy sort son premier album en 2019, beaucoup la repèrent comme la fille de la chanteuse Paule-Andrée Cassidy. Ce raccourci ne tient pas longtemps. À 28 ans, l’auteure-compositrice québécoise s’est imposée comme l’une des voix les plus puissantes — et les plus écrites — de la nouvelle génération musicale. En 2026, elle continue d’élargir un univers musical qui n’appartient qu’à elle, entre folk lyrique, chanson cinématographique et confidence à voix basse.
Une famille où la musique était le langage premier
Lou-Adriane Cassidy grandit à Québec, dans une famille où la musique n’est ni un loisir ni une carrière à choisir : c’est l’oxygène quotidien. Sa mère, Paule-Andrée Cassidy, est elle-même chanteuse-interprète et comédienne, l’une des voix marquantes de la chanson québécoise. Son père, Serge Lacasse, est professeur de musique à l’Université Laval. L’environnement est imprégné d’art, de production sonore, de mots qui se cherchent.
Adolescente, Lou-Adriane apprend la guitare et écrit ses premières chansons. Quand son père quitte la famille — elle a alors 16 ans — l’écriture devient un refuge plus intime, sujet qu’elle abordera longtemps plus tard dans son album Journal d’un loup-garou (2025).
Coyote Records et la rencontre avec Pierre Lapointe
Sa carrière professionnelle décolle lorsqu’elle est signée sur le label Coyote Records, fondé par Pierre Lapointe. Le chanteur devient son mentor artistique et coproduit son premier album, C’est la fin du monde à tous les jours, sorti en 2019. Le disque mélange folk, chanson française et arrangements amples. Sa voix grave, posée, parfois fêlée, frappe la critique. Les prix suivent.
Le deuxième album, Lou-Adriane Cassidy vous dit : Bonsoir, sort en 2021. Plus assumé, plus dense, plus risqué. Elle s’y défait progressivement de toute filiation pour imposer son propre code esthétique.
Une voix qui sait habiter une pièce
Ce qui distingue Lou-Adriane Cassidy de sa génération, c’est cette capacité rare à occuper un espace musical sans surenchère. Ses chansons ne cherchent jamais à frapper. Elles laissent venir. Sur scène, elle est sobre — tenues sombres, peu d’effets — et c’est précisément cette économie qui rend ses concerts marquants.
Ses collaborations avec d’autres artistes québécois — Salomé Leclerc, Émile Bilodeau, Pierre Lapointe — l’ont placée au cœur d’un réseau créatif particulièrement productif.
Journal d’un loup-garou et le tournant intime
En 2025 paraît Journal d’un loup-garou, troisième album, sans doute le plus personnel. Pour la première fois, elle y évoque ouvertement l’abandon paternel et la trajectoire singulière d’une jeune femme qui apprend à devenir autrice de sa propre histoire. Le disque consacre une maturité artistique réelle.
2026 : nouveau cycle, tournée européenne
L’année 2026 marque pour Lou-Adriane Cassidy un nouveau cycle. Tournée européenne en préparation, collaborations annoncées avec des artistes français, et la perspective d’un quatrième album qui devrait poursuivre cette ligne où la chanson devient récit psychologique.
Elle fait partie de cette nouvelle vague d’auteures-compositrices québécoises — avec Klô Pelgag ou Charlotte Cardin — qui ont fait de l’écriture exigeante leur signature commune.
Lou-Adriane Cassidy au Gala de l’ADISQ 2025 : trophées et nominations
Lou-Adriane Cassidy a dominé la 47e édition du Gala de l’ADISQ avec son album Journal d’un loup-garou : le communiqué de Radio-Canada la nomme Artiste féminine de l’année, auteure-compositrice de l’année (avec Alexandre Martel), pour la Chanson de l’année avec « Dis-moi, Dis-moi, Dis-moi (Radio Edit) » et pour le Spectacle de l’année. Avant le gala principal, elle avait déjà remporté huit trophées lors des deux premiers galas, sur 13 nominations au total, selon SOCAN Magazine. Voir aussi la liste complète des gagnants du Gala de l’ADISQ 2025. Dans la même soirée, Elisapie a été sacrée Artiste autochtone de l’année : son parcours, de Salluit à la scène québécoise, mérite un détour.
Parmi les trophées confirmés aux premiers galas figurent Album de l’année – Choix des critiques, Album pop de l’année et Arrangement de l’année (avec Alexandre Martel).
Pourquoi elle compte en 2026
Lou-Adriane Cassidy incarne quelque chose de précieux dans une époque musicale survoltée : la patience. Pas de surproduction. Pas de quête frénétique de viralité. Juste une artiste qui construit, album après album, une œuvre qui ressemble à un récit personnel et collectif à la fois.
Dans la même mouvance que Pierre Lapointe — son mentor de toujours — elle prouve qu’il existe encore une chanson québécoise qui sait prendre son temps.
