Au printemps 2020, Sarah-Jade Bleau ouvre un compte TikTok presque par hasard. Trois mois plus tard, elle compte plus de deux millions d’abonnés. Six ans plus tard, elle en a quatorze millions. À 25 ans, la créatrice montréalaise est devenue l’une des plus grandes figures québécoises sur les réseaux sociaux. En 2026, après avoir bâti une marque de mode-beauté et collaboré avec les plus grandes maisons internationales, elle continue de redéfinir ce que peut être une carrière 100 % numérique au Québec.
Treize ans de danse avant la viralité
Sarah-Jade Bleau — ou SJ pour ceux qui la suivent depuis longtemps — naît en 2001 au Québec. Elle commence à danser dès l’enfance et accumule, avant l’âge de la majorité, plus de treize ans d’expérience en danse. Elle participe à l’émission de télévision Révolution, vitrine majeure de la danse au Québec, où elle se fait remarquer pour sa précision et son sens du rythme.
Mais c’est dans l’isolement du confinement, au printemps 2020, que tout bascule. Une amie lui suggère de partager son talent sur TikTok. En l’espace de trois mois, son compte explose. À 19 ans, elle est déjà l’une des étoiles montantes de la plateforme au Canada.
L’effet boule de neige : Tony Lopez et la consécration internationale
Fin juillet 2020, Sarah-Jade lance une chorégraphie originale et invite la communauté TikTok à la reprendre. Quelques jours plus tard, Tony Lopez — l’une des plus grandes stars mondiales de la plateforme avec ses 22 millions d’abonnés — publie sa propre version. C’est le décollage. Le compte de Sarah-Jade entre dans une dynamique de croissance exponentielle qui ne s’est jamais arrêtée depuis.
Cette circulation transnationale est rare pour une créatrice québécoise. Elle a permis à Sarah-Jade de bâtir une audience internationale tout en gardant son ancrage francophone.
Un personnage : précision, esthétique, pop aura
Ce qui distingue Sarah-Jade Bleau des autres créateurs TikTok québécois, c’est cette combinaison rare : une vraie technique de danseuse, un sens aigu du style, et une « pop aura » assumée. Ses vidéos ne ressemblent pas aux mises en scène improvisées de la plupart des créateurs. Elles sont construites, chorégraphiées, esthétiquement maîtrisées.
Son personnage est devenu une signature. Lookbook nettement défini. Couleurs récurrentes. Présence aussi rigoureuse qu’une marque de luxe.
Champagnemami : la créatrice devenue entrepreneure
Dès 2022, Sarah-Jade lance sa propre marque de mode et de beauté, Champagnemami. Le projet n’est pas une simple ligne de produits dérivés. C’est une vraie entreprise, avec sa propre identité visuelle, ses collections, sa présence en ligne. La marque attire rapidement des partenariats avec de grandes maisons.
Elle collabore notamment avec L’Oréal Paris, dont elle devient l’une des ambassadrices québécoises les plus visibles. Le passage du statut de créatrice à celui d’entrepreneure-influence est devenu, en quelques années, l’un des cas d’école au Québec en matière de monétisation des réseaux.
2026 : la maturité d’une figure numérique de premier plan
En 2026, Sarah-Jade Bleau continue de produire du contenu à un rythme soutenu. Souvent en duo avec son fiancé Carew Ellington, elle multiplie les collaborations avec des marques internationales, développe Champagnemami, et apparaît régulièrement dans les médias traditionnels québécois — gages que sa visibilité dépasse largement la sphère TikTok.
Pourquoi elle compte dans le paysage culturel montréalais
Sarah-Jade Bleau représente quelque chose de précieux : la preuve qu’un parcours 100 % numérique, en français, depuis Montréal, peut générer une audience mondiale et une marque économiquement solide. Avant elle, la majorité des stars québécoises devaient passer par la télévision, la radio ou la presse écrite. Elle a inventé un autre chemin.
Dans une scène culturelle montréalaise où les figures émergent désormais autant sur les réseaux qu’à l’écran ou en salle — aux côtés des artistes musicaux comme Nissa Seych ou Gabriella Olivo — Sarah-Jade incarne cette autre voie : celle de la créativité numérique pure, et de son passage progressif vers le rang d’industrie.
