Il y a quelques voix qu’on remarque dès la première écoute. Celle de Gabriella Olivo en fait partie. Auteure-compositrice-interprète installée à Montréal, née à Québec d’une mère mexicaine et d’un père québécois, elle mêle français, espagnol et anglais avec une fluidité qui désamorce immédiatement la question de l’identité. En 2026, après avoir été désignée Révélation Radio-Canada 2025-2026, Gabriella Olivo est l’un des noms à connaître absolument dans la nouvelle chanson québécoise.
Une enfance à cheval entre deux langues, deux musiques
Gabriella Olivo naît à Québec, dans une famille où le métissage culturel se vit au quotidien. Sa mère, mexicaine, et son père, québécois, lui transmettent dès l’enfance un rapport pluriel à la musique : les boléros mexicains de la tradition Los Panchos cohabitent avec la chanson francophone québécoise. Cette double éducation auditive devient, plus tard, le socle de sa propre écriture.
Elle s’installe à Montréal pour étudier la musique et y construit progressivement son univers. La ville devient son terrain de jeu et son studio à ciel ouvert. Elle commence à publier ses premières chansons à la fin des années 2010, dans une économie discrète mais constante.
Sola et A Todos Mis Amores : les premières signatures
Son premier micro-album, Sola, paraît à l’automne 2022. Le disque, intime, posé, oscille entre folk lyrique et chanson rêvée. Elle y assume pleinement le bilinguisme français-espagnol, parfois sur le même morceau, parfois d’un titre à l’autre. La critique francophone québécoise commence à parler d’elle.
En octobre 2024, elle revient avec A Todos Mis Amores, second micro-album publié sous le label montréalais Duprince Records. Le projet confirme tout ce que le premier promettait : une voix douce mais ferme, des arrangements minutieux, un sens du détail qui fait de chaque chanson un petit objet sculpté.
Une artiste habitée par ses influences
Gabriella Olivo cite, parmi ses influences, des univers très variés : Los Panchos pour le bolero classique mexicain, Beach House pour le rêve indie américain, Adrianne Lenker pour la nudité du folk contemporain, Rosalía pour la liberté esthétique. Ce mélange explique sans doute la singularité de sa musique : elle ne tient en place dans aucune case marketing préétablie.
Sa démarche artistique privilégie la spontanéité, la vulnérabilité, l’authenticité. Pas de surproduction. Pas de personnage tapageur. Juste une voix qui prend le temps de dire les choses comme elle les pense.
Révélation Radio-Canada 2025-2026
Sa désignation comme l’une des Révélations Radio-Canada 2025-2026 marque un tournant. Le programme — qui a propulsé avant elle des artistes comme Klô Pelgag, Charlotte Cardin ou Lou-Adriane Cassidy — lui ouvre une visibilité considérable. Elle sera honorée pendant un mois entier sur les plateformes de Radio-Canada en 2026.
Elle participe également aux Veillées à la Place des Arts, en partage de scène notamment avec la chanteuse Bïa, croisement intergénérationnel qui ancre encore plus sa démarche dans une certaine continuité musicale.
2026 : la consécration discrète
L’année 2026 sera, pour Gabriella Olivo, celle d’une visibilité élargie. Festivals, concerts en France, possibles collaborations, et la perspective d’un premier album long format qui devrait suivre les deux micro-albums déjà publiés. Tous les voyants sont au vert pour qu’elle s’impose comme l’une des révélations marquantes de l’année.
Pourquoi elle compte dans le paysage montréalais
Gabriella Olivo représente, dans la chanson québécoise contemporaine, quelque chose de précieux : la preuve qu’on peut écrire dans plusieurs langues sans se trahir, intégrer plusieurs cultures sans se diluer, prendre son temps sans disparaître. Elle s’inscrit dans cette nouvelle génération d’auteures-compositrices québécoises — aux côtés de Lou-Adriane Cassidy ou Klô Pelgag — qui ont compris qu’on pouvait construire une œuvre solide sans rentrer dans les formats radio.
Dans une scène musicale montréalaise particulièrement vibrante en 2026 — entre la pop incarnée par Charlotte Cardin et l’afropop de Nissa Seych — Gabriella Olivo trace une ligne à part, fragile et déterminée. À surveiller de très près.
